Accueil > Les actualités > Le département de l’Ardèche rend hommage à Jacques Dondoux

Le département de l’Ardèche rend hommage à Jacques Dondoux

25 juin 2007

Le 25 juin dans les locaux du Conseil général place du Foiral s’est déroulée une cérémonie tout à fait émouvante en l’honneur du fondateur du Sivu, Jacques Dondoux. C’est par son épouse, Sigrid Dondoux-Libergé, et par le 1er vice-président du conseil général, Bernard Bonin, que les nombreux invités ont été accueillis dans "l’Espace Jacques Dondoux", une grande salle ou trône le portrait, en noir et blanc, de l’homme au sourire si ressemblant à sa personnalité, à la fois chaleureuse et moqueuse, tout aussi avenante qu’intraitable.

Bernard Bonin et madame Sigrid Dondouxprojection du filmMme Dondoux et les élus

Après quelques mots d’introduction de Bernard Bonin, le noir s’est fait dans la salle pour permettre la projection d’un petit film court, monté avec des archives sonores, vidéos et photographiques sélectionnées par Christian Tran, réalisateur bien connu en Ardèche pour ses films sur le retrait des services publics en milieu rural. Le choix du réalisateur s’est révélé judicieux, qui a réussi à faire passer en quelques minutes un portrait fidèle du personnage, à travers quelques instants de forte émotion, comme lorsqu’on entendit la voix grave et sonore annoncer simplement : " Dondoux, prénom Jacques, je suis dans l’annuaire, vous me trouverez sur le minitel ".

Passé ce moment qui a mouillé certains regards, Mme Sigrid Dondoux, très émue elle aussi, a confié que si elle était bien l’épouse du premier président du Sivu, elle était bien consciente que l’Ardèche était sa maîtresse. Elle a ensuite lu le témoignage d’un compagnon de route de Jacques Dondoux pendant sa longue carrière dans les télécommunications françaises, Jean-Jacques Damlamian, que l’équipe du Sivu a rencontré à plusieurs reprises, lorsque Jacques Dondoux invitait son poulain, devenu numéro 2 du groupe France-Télécom, en Ardèche pour négocier l’aide qu’il apportait au Sivu durant ses premières années d’existence.

Témoignage qui débute à la fin des années 60 lorsqu’il était élève de Jacques Dondoux. Alors professeur à l’école nationale supérieure des télécommunications (ENST), celui-ci vient de créer un département "RME" pour "recherche en mécanisation électronique", autrement dit l’informatique, pressentant déjà que les technologies des télécommunications allaient changer la vie des gens en profondeur. J-J Damlamian souligne à travers de nombreux exemples l’excellence de "coach" de son ex-patron, ses qualités de négociateur, qui s’aiguisent en 1968 dans les négociations avec les syndicats, son franc-parler, son non-conformisme et ses énormes capacités de travail, d’écoute et de décision : " il ne cachait jamais sa façon de penser et n’hésitait pas à l’exprimer, à qui que ce soit, syndicaliste, cadre ou ministre. Je garde le souvenir d’un patron compétent, efficace et plein d’humanité, même dans les moments les plus difficiles ."

Tous, ou presque, les élus du conseil général de l’Ardèche étaient là, mais ce sont les plus proches de Jacques Dondoux, Denis Lacombe, Jean-Claude Tournayre et Maurice Weiss qui se sont succédés au micro pour lui rendre hommage. Tous ont rappelé son côté provocateur, son esprit visionnaire, ses qualités d’homme d’entreprise et les nombreuses activités industrielles qu’il a réussi à attirer en Ardèche. Et si Denis Lacombe insistait sur l’humanité de l’homme, qu’il a souvent accompagné dans ses campagnes électorales, Jean Claude Tournayre supputait que Jacques Dondoux aurait immanquablement tourné en dérision cette petite cérémonie d’hommage, qui pourtant n’était qu’une " façon de perpétuer sa présence parmi nous ".

Maurice Weiss, qui a succédé à Jacques Dondoux comme conseiller général de Saint-Agrève, qui fut son premier adjoint à la mairie pendant 6 ans, et l’administrateur du Sivu des inforoutes de l’Ardèche dès sa fondation en 1995, a côtoyé le personnage de très près et pendant longtemps. Il a rappelé sa préoccupation pour le sort des plus modestes, qu’il appelait " les petitous ", sa façon de s’exprimer avec des mots simples pour qualifier de grands projets " on va équiper tous les petits ardéchois d’ordinateurs et les connecter à Internet ". Ses réponses aux sceptiques : " je suis éternel " pour leur signifier sa résolution à aller au bout de ses projets. Son réalisme aussi «  j’avais l’habitude de compter en milliards de francs, au département je suis passé aux millions et ici ce sera en centaines de milliers.  » disait-il en préparant le budget communal. Et sa passion pour le sujet religieux, qu’il abordait avec humour : «  le dieu du Chiniac [1] est avec nous  » disait-il en cas de succès d’une opération, ou encore «  que le dieu du Chiniac vous protège  » lorsqu’il vous quittait. Maurice Weiss l’interprétait comme une façon laïque de déïfier ce territoire au-delà des multiples communautés religieuses et préserver ainsi l’unité qu’il s’était toujours efforcé de construire. Il terminait en remerciant le président du conseil général de l’Ardèche, Pascal Terrasse, d’avoir pris l’initiative de donner le nom de Jacques Dondoux à cet espace et tous les conseillers généraux de l’avoir soutenue : " c’est une façon d’affirmer au nom de tous les ardéchois notre reconnaissance ".

[1] le Chiniac est le suc rocheux qui domine la ville de Saint-Agrève

[Aller en haut de page]