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La conférence "Être ou ne pas être des parents branchés" a connu un vif succès

18 novembre 2010

La conférence "Être ou ne pas être des parents branchés" a

Si Jean-Pierre Quignaux avait un "vrai" public en face de lui le 18 novembre 2010 dans la grande salle des mariages de l’hôtel de ville de Guilherand-Granges, le public rassemblé dans les 6 salons de visioconférence, du réseau que le Sivu des Inforoutes met progressivement en place en Ardèche, était plus nombreux encore.

En effet 10 à 20 personnes étaient rassemblées dans chacun des sites distants à Alissas (Bibliothèque – sous la Mairie), Annonay (Château de Déomas – Salle Rose – rez-de-chaussée), Bourg-Saint-Andéol (Communauté de Communes du Rhône aux Gorges de l’Ardèche – Place Georges Courtial - immeuble La Marjolaine), Largentière (Centre socio-culturel – Rue de la Présentation – salle Sarrazine) et Le Cheylard (L’Arche des Métiers - Place des Tanneurs). Au total près d’une centaine d’auditeurs a pu ainsi assister à son intervention.

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Le public à Guilherand-Granges

Jean Pierre Quignaux s’est d’abord présenté comme un parent (3 enfants) et veut montrer qu"être un parent branché" ne signifie en rien être en avance sur d’autres, mais tout simplement être connecté, comme ses enfants, comme tout le monde à la maison.

A l’aide de navigations sur les sites Youtube et Dailymotion, il refait l’historique des changements intervenus ces cinquante dernières années, plus importants selon lui que ceux intervenus au cours des 50 siècles précédents.

Il s’attarde sur l’influence de ces changements sur l’éducation des enfants, selon lui "nourris au lait médiatique". Il constate l’addiction des jeunes à l’image, par l’influence de la télé, souvent seule nounou de nombreux foyers, par l’existence de l’image de l’enfant avant même qu’il ne naisse (échographies), par le fait qu’à peine né, son image fait le tour du monde par la messagerie et les réseaux sociaux, par la possibilité qu’il a très jeune de s’inventer d’autres vies dans les jeux vidéos.
Bref, nos enfants n’auraient de cesse d’exister par l’écran et on ne devrait pas s’étonner que pour eux, l’univers virtuel devient bien plus présent que le réel.

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Le président de l’UDAF de l’Ardèche, Jean DELPRAT, a présenté la soirée et le conférencier à l’auditoire

Les jeux vidéos vont vers toujours plus de réalisme et nos enfants peuvent faire par la simulation des expériences qu’ils n’auront sans doute jamais à connaître : faire la guerre avec des engins interplanétaires ou dans les rues de Bagdad, conduire des bolides fulgurants, visiter des temples incas inconnus, etc.

Jean-Pierre Quignaux insiste sur cet univers du jeu. Selon lui l"homo faber" est autant devenu un "homo ludens" : chaque année, en France, 17 milliards d’€ sont dépensés en jeux d’argent et dans le monde, l’industrie du jeu vidéo a dépassé en valeur celle de la musique et du cinéma. Les derniers jeux n’ont même plus de commandes clavier ou joystick, c’est avec les mouvements de son corps tout entier que l’on s’introduit dans des univers et des communautés qui n’ont rien à voir avec sa communauté d’origine. On peut ainsi devenir basketteur, surfeur, animal, etc.
Les nouveaux outils mélangent allégrement réalité et virtualité, c’est ce qu’on appelle la réalité augmentée : à partir de son "smartphone" on peut se géolocaliser sur l’instant, signaler sa position à ses amis, connaître les choses intéressantes à voir dans la rue où l’on se trouve et faire partager son trajet à son correspondant, par la vidéo, où qu’il se trouve dans le monde.

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Jean Delprat et Jean Pierre Quignaux face au public de Guilherand-Granges

Tout cela implique de nouvelles façons de s’interroger, de créer et de raisonner.
Jean-Pierre Quignaux termine son exposé en conseillant aux parents présents de ne pas être dans le déni face à ces changements, de ne pas condamner le jeu, qui permet aussi d’acquérir des compétences, parce qu’à bien y regarder, nos craintes sont surtout le reflet de nos angoisses.

L’intérêt de la visioconférence c’est de pouvoir permettre aux personnes présentes sur les sites distants de ne pas être simples spectateurs, mais aussi d’intervenir dans le débat qui suivit l’exposé du conférencier.
On fit alors le tour des sites et l’organisation de l’UDAF a bien fonctionné, qui avait placé sur chaque site un ou deux correspondants chargés de recueillir les questions de l’auditoire et de les poser au conférencier.

On s’inquiéta alors à Bourg-St-Andéol de la puissance sans cesse croissante des outils à la disposition des jeunes, de l’avenir et du rôle de la famille ; à Annonay d’une éventuelle responsabilité des jeux vidéos dans la montée de la violence chez les jeunes filles et de la règle de l’anonymat sur Internet (avec les pseudos) qui favorise les dérives ; à Largentière des conséquences éventuelles d’une panne géante de l’Internet pendant seulement 24 heures et de la conservation des messages lâchés sur la toile.

Le conférencier a reconnu que la place du professeur dans l’éducation avait été déboulonnée de son piédestal et qu’une nouvelle conception du métier restait à inventer ; que la famille n’était pas en danger à condition que les parents restent "branchés" sur leurs enfants et surtout qu’ils n’abandonnent pas une des principales responsabilité de l’éducateur, celle d’exercer une autorité sur leurs enfants, tout en leur expliquant le sens des choses. Concernant les jeux vidéos, il souhaite aussi une signalétique plus évidente qui permette aux parents de décider en connaissance de cause de la permission qu’ils doivent donner, comme à la télé (code CSA).

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A la technique : Henry-Pascal Eldin, du Sivu, maîtrise le réseau et la visio ; l’équipe de Zoomacom (David et Patrice) fait le son et l’image

Au Cheylard, des aspects plus pratiques furent évoqués, par exemple comment savoir les sites sur lesquels les enfants ont surfé, ou comment détecter l’addiction aux jeux vidéos ? A Alissas, une maman s’inquiète de savoir à quel âge on peut autoriser son enfant à avoir un compte Facebook et une autre s’il est judicieux de devenir l’ami de ses enfants sur le même Facebook. A Guillherand on se préoccupe de l’impact sur la santé des jeux de rôles et d’une façon générale du comportement à adopter face à ses enfants et à toutes ces nouveautés.

Jean-Pierre Quignaux se veut rassurant.
D’abord, beaucoup de sites donnent des conseils très judicieux pour la protection des enfants, notamment ceux de la Délégation aux Usages de l’Internet (www.internetsanscrainte.fr).
Il faut aussi leur faire comprendre qu’Internet est un espace public où l’intimité n’existe pas, qu’ils sont responsables des contenus qu’ils mettent en ligne. Mais il conseille aussi de laisser aux enfants leur jardin secret, les parents ne sont pas des amis ou des copains, ils sont parents, il ne faut pas tout mélanger.
Il conclut en soulignant que l’éducation en elle-même n’a pas changé, que les principes éducatifs évoqués, la responsabilité, l’autorité, demeurent. Mais que l’accompagnement des enfants à l’âge adulte nécessite aujourd’hui peut-être une nouvelle diététique, une "diététique médiatique".

En savoir plus sur ce thème de la parentalité et des TIC :
- 1) L’étude de l’association Fréquence-Ecoles sur les pratiques "TIC" des jeunes
"Les jeunes et Internet, de quoi avons nous peur ?"
Le rapport complet
La synthèse
- 2) Le site de la délégation aux usages de l’internet pour les parents :
http://www.internetsanscrainte.fr/s...
- 3) le site du ministère de l’éducation nationale sur le plan d’éducation au multimédia (PEM) :
http://www.jeunesse-vie-associative...

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