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Comment tout a commencé...

1er juillet 2009

A la fin de l’année 1994, le gouvernement Balladur publie un appel à projets pour des expérimentations sur le thème des « autoroutes de l’information ». Cet appel fait suite au rapport "Théry", publié dans le courant de l’année.
On est encore sous l’influence de la campagne présidentielle de 1992 aux Etats-Unis, où Bill Clinton et particulièrement son vice-président Al Gore ont fait campagne sur le même thème. Le nom d’Internet est encore très peu présent dans les médias et l’utilisation du réseau est confinée aux milieux universitaires, dont les chercheurs utilisent principalement la messagerie. Le World Wide Web a été inventé par une équipe européenne rassemblée par le CERN de Genève, dont l’anglais Tim Berners-Lee et le belge Robert Caillau sont les principales figures, qui ont mis en ligne le premier site web en août 1991. Mais ce n’est qu’en 1994 que Berners-Lee fondera le W3C, qui édictera les recommandations qui permettront la percée fulgurante de ce nouveau média, à travers la mise à disposition du premier logiciel de navigation grand public, Netscape. L’émergence de cette nouvelle "société de l’information" provoque des débats fièvreux dont on trouvera ici un exemple.

En janvier 1995, Jacques Dondoux, conseiller général de Saint-Agrève, une petite ville des hauts plateaux ardéchois, et Maurice Quinkal, maire de Vion, village de la vallée du Rhône, déposent un dossier de candidature. Maurice Quinkal le fait au titre de président de l’association pour le développement économique des vallées du Doux et du Rhône moyen, qui regroupe les Sivoms de Tournon, Lamastre et Vivarais-Lignon, sur lequel se trouve le canton de Saint-Agrève et qui a passé un « contrat global de développement » avec la Région Rhône Alpes, laquelle vient juste de formaliser ce nouveau type de contrat de pays.
Le projet a pour finalité d’ « installer dans les villes et villages ruraux de l’Ardèche du nord des équipements modernes de télécommunications (autoroutes de l’information) et de traitement informatique, afin de lutter contre l’isolement des communes qui a pour conséquence leur dépeuplement et la disparition de leurs activités traditionnelles dont, en premier, l’école. » , il travaillera à développer « un ensemble cohérent d’opérations innovantes et adaptées au milieu rural dans les domaines du télé-enseignement, de la télé-médecine et du télé-travail », il permettra aussi « aux élus locaux et aux associations d’offrir aux populations un meilleur accès à l’information, à la culture et au divertissement ».

Tout au long de l’année 95, le projet « Inforoutes en milieu rural » se précise. A la suite de deux réunions de leurs Sivoms cantonaux respectifs, qu’ils ont organisées en commun, les deux protagonistes, Jacques Dondoux et Maurice Quinkal, se rendent compte d’une nette résistance des élus locaux à inclure ce projet dans les objectifs du contrat global du Doux et du Rhône moyen. Le thème des autoroutes de l’information n’est pas très porteur auprès des élus ruraux. Sur les conseils de Lionel Rimoux, Sous-Préfet de Tournon-sur-Rhône, ils décident de fonder une nouvelle structure intercommunale, qui ait un statut de droit public, et optent pour la formule juridique du Syndicat Mixte Intercommunal à Vocation Unique. Un SMIVU permettra en effet d’intégrer dans le Syndicat, sur la base du volontariat, aussi bien des communes que des groupements communaux, mais il rassurera les maires par sa vocation unique.

Pendant l’année 94, Jacques Dondoux avait rencontré à plusieurs reprises l’inspecteur d’académie de l’Ardèche, Jean Michel Sivirine, et l’avait associé à la rédaction de la première mouture du projet « inforoutes en milieu rural ». Celui-ci comportait un fort volet scolaire, basé sur la communication entre classes rurales au moyen de la visioconférence. L’inspection d’académie publie, dès le premier semestre 1995, un appel à candidature auprès des instituteurs des écoles rurales du nord de l’Ardèche pour expérimenter de nouvelles techniques de communication devant aboutir à un travail en réseau.

Le 16 octobre 95, le comité interministériel retient 170 dossiers sur 685, dont le projet « Inforoutes en milieu rural » . Les statuts du Syndicat Mixte Intercommunal à Vocation Unique des Inforoutes de l’Ardèche sont déposés en sous-préfecture de Tournon sur Rhône et reçoivent l’aval de l’Etat le 5 novembre. Les deux communes fondatrices sont Vion et Saint-Agrève, dont Jacques Dondoux est devenu le maire lors des élections de mars 1995. Sa mission est de sensibiliser la population et de former les professionnels du secteur public de l’éducation et des collectivités locales à l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication.
Le label " projet d’intérêt public ", octroyé par le gouvernement, et les démarches et relations de Jacques Dondoux, premier président du SIVU, permettent la signature, en décembre 1995, d’une convention de financement avec France Télécom.

Une équipe est alors recrutée pour le pilotage, le montage des dossiers, les études préalables et l’organisation des opérations. Cinq directions de travail sont retenues : l’éducation, la santé, les services publics, la diffusion des nouvelles technologies de communication auprès du grand public et l’économie.
Ses moyens sont réduits au plus strict minimum. Le siège du syndicat est basé en mairie de Saint-Agrève, dont Jacques Dondoux est le maire. Son 1er adjoint est recruté comme administrateur, les deux agents mis à disposition par France Télécom travaillent depuis leur résidence administrative, l’un au Cheylard, l’autre à Lyon, et le quatrième depuis son domicile, à Annonay. Une réunion de travail réunit physiquement l’équipe et le président chaque samedi matin à Saint-Agrève pour faire avancer les dossiers.
Elle dispose de trois outils de travail : le téléphone, l’automobile, et internet. Les réunions téléphoniques sont fréquentes, les déplacements nombreux, et internet sert à échanger et à élaborer les documents de référence.

A l’époque, on parle encore peu d’Internet. France Télécom, qui contrôle alors totalement le réseau téléphonique français, et dont le PDG avait encore déclaré fin 1995 qu’internet était une mode qui passerait vite, n’a pas encore d’offre d’abonnement. Mais l’équipe du SIVU, qui est allée voir à Lyon, dans un des premiers cafés Internet de la ville, de quoi il retourne, se passionne illico pour ce nouveau média. Elle rencontre une petite start-up lyonnaise, la société ASI, fournisseur d’accès du café visité, qui vient d’être fondée par un groupe d’étudiants du campus INSA de la Doua, à Villeurbanne. Elle lui demande de connecter chaque membre de l’équipe et d’étudier l’installation, en Ardèche, d’une plate-forme d’accès et de services Internet accessible de tout le département au coût local du téléphone, car les rares Ardéchois internautes d’alors doivent se connecter sur des serveurs situés à Lyon, Montpellier ou Grenoble, ce qui leur coûte très cher en communications.

En octobre 1996, lorsque la plateforme de services Internet sera mise en service au Cheylard, le SIVU sera le seul fournisseur d’accès internet de la région Rhône Alpes dont les serveurs ne sont pas installés physiquement à Lyon ou Grenoble.

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